Lexique des sièges français du XVIIIe siècle

Ce lexique des sièges français du XVIIIe siècle rassemble les termes essentiels relatifs aux sièges produits en France entre 1700 et 1800 environ : fauteuils, chaises, bergères, duchesses, canapés, garnitures, formes, ornements et techniques de menuiserie en sièges. Chaque entrée est bornée à cette période et à cette géographie. Les définitions s’appuient sur la bibliographie de référence du domaine, citée en fin de page.


Lexique des sièges français du XVIIIe siècle : bergère Louis XV
Bergère Louis XV, exemple de siège français du XVIIIe siècle – Crédit photo : © Sotheby’s

Sommaire

A · B · C · D · E · F · G · J · L · M · O · P · S · T · V


A

Accotoir

Catégorie : structure — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Élément horizontal du fauteuil sur lequel le bras vient reposer. L’accotoir relie le dossier au support d’accotoir (ou console d’accotoir), lequel descend jusqu’à la ceinture. Au XVIIIe siècle, l’accotoir évolue considérablement : sous Louis XV, son attache recule par rapport au pied antérieur pour ménager la place des robes à panier ; sous Louis XVI, il revient à l’aplomb du pied, séparé de celui-ci par le dé de raccordement. L’accotoir peut être nu (à bois apparent) ou recevoir une manchette rembourrée.

Voir aussi : Console d’accotoir · Dé de raccordement · Manchette


À la reine (dossier)

Catégorie : style / forme — Période : à partir de 1730 environ

Se dit, dans l’usage le plus courant, d’un siège dont le dossier est plat. Le dossier « à la reine » s’oppose au dossier « en cabriolet », concave et renversé pour épouser la forme du dos. Le siège à la reine, plus imposant et souvent plus richement garni, est conçu pour être placé contre le mur : il appartient au mobilier « meublant », tandis que le siège en cabriolet relève davantage du meuble « volant ». L’expression doit toutefois être maniée avec précision. Dans les années 1730, elle désigne surtout une chaise ou un fauteuil chantourné, à dossier plat, associé à la mode nouvelle du règne de Louis XV. Vers la fin du siècle, certains auteurs et marchands l’emploient aussi pour des sièges à dossier ovale, ce qui explique certaines ambiguïtés dans les inventaires et les catalogues.

Voir aussi : Cabriolet · Meuble meublant · Meuble volant


B

Banquette

Catégorie : typologie — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Siège long, sans dossier ni accotoirs, prévu pour plusieurs personnes. Au XVIIIe siècle, la banquette est un meuble de complément que l’on dispose dans les antichambres, les galeries et les passages. Elle se compose d’une ceinture portée par quatre, six ou huit pieds selon sa longueur, et d’une assise garnie. La banquette adopte les formes et les décors propres à chaque style : pieds galbés sous Louis XV, pieds fuselés et cannelés sous Louis XVI.

Voir aussi : Tabouret · Canapé · Ceinture


Bergère

Catégorie : typologie — Période : à partir des années 1730 environ

Fauteuil large et profond, caractérisé par des joues pleines, c’est-à-dire garnies entre l’accotoir et la ceinture, et par un carreau d’assise amovible. La forme apparaît dans le prolongement du fauteuil à joue ou à panneaux ; le nom de « bergère » semble se fixer dans les années 1730. Elle devient l’un des sièges de confort les plus caractéristiques du mobilier français du XVIIIe siècle. Destinée aux appartements privés autant qu’aux salons, elle enveloppe davantage le corps que le fauteuil ordinaire. Elle existe sous de nombreuses variantes : bergère en confessionnal ou à oreilles, bergère en gondole, bergère en cabriolet, bergère à la turque. Sous Louis XVI, elle adopte des dossiers plus rectilignes, ovales ou en chapeau, des pieds droits cannelés et un décor plus sobre, emprunté au vocabulaire antique.

Voir aussi : Joue · Carreau · Confessionnal · Gondole


Bout-de-pied

Catégorie : typologie / usage — Période : XVIIIe siècle

Petit siège bas, généralement sans dossier ni accotoirs, destiné à servir de repose-pieds devant une bergère, une duchesse ou une chaise longue. Le bout-de-pied appartient au vocabulaire du confort domestique qui se développe au XVIIIe siècle, en particulier dans les appartements privés, les chambres et les boudoirs. Il peut être indépendant ou faire partie d’un ensemble coordonné avec un siège de repos. Dans le cas d’une duchesse brisée, le bout-de-pied constitue l’un des éléments séparés qui permettent de recomposer une assise longue. Sa forme reprend le style du siège auquel il est associé : pieds galbés sous Louis XV, pieds fuselés et cannelés sous Louis XVI.

Voir aussi : Duchesse · Tabouret · Bergère


C

Cabriolet (dossier en)

Catégorie : style / forme — Période : à partir du milieu du XVIIIe siècle

Se dit d’un siège dont le dossier est concave et renversé, de manière à épouser la forme du dos. Le terme vient du cabriolet, voiture légère à deux roues, et évoque la mobilité autant que le confort. Au XVIIIe siècle, « cabriolet » ne désigne pas seulement un type de fauteuil ou de chaise : il qualifie surtout un dispositif de construction. Le dossier forme une sorte de « hotte », plus enveloppante que le dossier plat à la reine. Le siège en cabriolet est ordinairement un meuble « volant », déplacé au milieu de la pièce selon les besoins de la conversation, du jeu ou de la toilette. Sous Louis XV, le dossier en cabriolet adopte souvent une forme violonnée ; sous Louis XVI, il prend la forme du médaillon, de l’écusson ou du rectangle arrondi.

Voir aussi : À la reine · Dossier · Meuble volant


Canapé

Catégorie : typologie — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Siège long à dossier et accotoirs, prévu pour accueillir plusieurs personnes. Le canapé se distingue du sofa par son dossier plus droit et ses formes généralement plus architecturées. Au XVIIIe siècle, le canapé est le complément naturel d’un ensemble de sièges de salon : il en reprend les formes, le décor et la garniture. On distingue le canapé à joues (joues pleines comme la bergère), le canapé en corbeille (dossier concave en plan), le canapé à oreilles (extensions latérales du dossier). La largeur d’un canapé est généralement proportionnelle au nombre de personnes qu’il accueille, typiquement de deux à quatre places.

Voir aussi : Sopha / sofa · Confident · Marquise · Bergère


Cannage

Catégorie : technique / garniture — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Technique de garniture consistant à tresser des brins de canne de rotin à travers une série de trous pratiqués dans le châssis d’assise ou de dossier. Le cannage forme une surface ajourée, souple et légère, particulièrement adaptée aux sièges d’usage courant, aux sièges d’été et aux intérieurs moins cérémoniels. Très répandu dès la fin du XVIIe siècle, il demeure employé au XVIIIe siècle pour les chaises, fauteuils et canapés à châssis. Le cannage se distingue de la garniture rembourrée par son aspect plus simple, sa légèreté visuelle et sa facilité d’entretien. Les sièges cannés peuvent recevoir un carreau amovible, c’est-à-dire un coussin posé sur l’assise pour en améliorer le confort.

Voir aussi : Garniture · Garniture à châssis · Chaise


Cannelure

Catégorie : ornement / style — Période : style Transition et Louis XVI

Rainure verticale ou oblique, creusée dans le bois, généralement employée pour orner les pieds, les montants ou certaines parties du dossier d’un siège. La cannelure est l’un des ornements caractéristiques du retour au goût antique qui marque les styles Transition et Louis XVI. Elle s’oppose aux lignes mouvementées et aux rocailles du style Louis XV par son rythme régulier et son vocabulaire architectural. Sur les sièges Louis XVI, les pieds fuselés sont souvent cannelés sur toute leur hauteur ou seulement dans leur partie supérieure. Les cannelures peuvent être simples, torses, rudentées ou interrompues par des bagues moulurées.

Voir aussi : Pied fuselé · Dé de raccordement · Médaillon


Carreau

Catégorie : garniture / usage — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Coussin amovible posé sur l’assise d’un siège. Au XVIIIe siècle, le carreau complète fréquemment les sièges cannés, les bergères, les duchesses, les lits de repos et certains sièges de confort. Il peut être garni de crin, de laine ou de plume selon la qualité recherchée, puis couvert d’une étoffe assortie au meuble ou au décor de la pièce. Dans le cas de la bergère, le carreau est presque constitutif du type : il hausse l’assise, assouplit le siège et peut être retiré pour l’entretien. Sur les sièges plus simples, il apporte un confort mobile, parfois maintenu par des rubans.

Voir aussi : Bergère · Cannage · Duchesse · Garniture


Ceinture

Catégorie : structure — Période : toutes époques

Ensemble des traverses horizontales reliant les pieds d’un siège et sur lesquelles repose la garniture de l’assise. La ceinture forme le cadre de l’assise et détermine sa forme en plan (trapézoïdale, carrée, arrondie). Au XVIIIe siècle, la ceinture est souvent moulurée et sculptée. Sous Louis XV, elle adopte des formes galbées et mouvementées ; sous Louis XVI, elle redevient rectiligne. C’est sur la ceinture que le tapissier fixe les sangles qui supportent la garniture.

Voir aussi : Dé de raccordement · Traverse


Chaise

Catégorie : typologie — Période : toutes époques

Siège à dossier, sans accotoirs. La chaise se distingue du fauteuil par l’absence de bras. Au XVIIIe siècle, la chaise est omniprésente dans tous les intérieurs, des palais royaux aux demeures bourgeoises. Elle existe dans les mêmes variantes stylistiques que le fauteuil : à la reine, en cabriolet, à dossier médaillon, etc. Les chaises d’un salon forment généralement un ensemble assorti avec les fauteuils et le canapé. Certaines chaises spécialisées portent des noms distinctifs : chaise voyeuse (à dossier garni d’un accoudoir en partie haute, pour s’y adosser debout), chaise à porteurs, chaise percée (chaise d’aisance).

Voir aussi : Fauteuil · Voyeuse


Chaise à la capucine

Catégorie : typologie / mobilier courant — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Chaise simple, légère et peu coûteuse, généralement à siège de paille et à dossier formé de montants reliés par des traverses. Contrairement aux sièges de menuiserie plus soignée, assemblés à tenons et mortaises, la chaise à la capucine est souvent montée à simples tourillons et relève davantage du travail des tourneurs que de celui des menuisiers en sièges. Elle appartient au mobilier courant des intérieurs modestes, de la petite bourgeoisie, de la domesticité et des maisons de province. Son intérêt, pour l’histoire du siège français du XVIIIe siècle, est de rappeler que le mobilier de luxe ne représente qu’une partie de la production : à côté des fauteuils sculptés, dorés ou garnis d’étoffes précieuses, subsiste tout un monde de sièges robustes, fonctionnels et durables.

Voir aussi : Chaise · Tenon et mortaise · Menuisier en sièges


Chaise longue

Catégorie : typologie — Période : XVIIIe siècle

Siège de repos allongé permettant d’étendre les jambes. La chaise longue appartient au même univers de confort que la duchesse, la duchesse brisée et le lit de repos, mais son appellation doit être employée avec prudence car elle recouvre plusieurs formes voisines. Au XVIIIe siècle, elle peut se présenter comme un siège à dossier unique prolongé par une longue assise, ou comme un ensemble composé d’un fauteuil et d’un bout-de-pied assorti. Elle est destinée aux espaces privés : chambre, boudoir, cabinet de toilette. Ses proportions, son dossier et sa garniture varient selon les styles et selon le degré de richesse de l’ensemble.

Voir aussi : Duchesse · Bout-de-pied · Lit de repos


Chapeau de gendarme

Catégorie : style / forme — Période : style Transition et Louis XVI

Forme de dossier dont la partie supérieure présente une ligne légèrement cintrée, composée d’un sommet central droit ou faiblement bombé encadré par deux retombées courbes. Cette silhouette évoque le bicorne ou chapeau porté par les gendarmes, d’où son nom. Le dossier en chapeau de gendarme apparaît dans le contexte du style Transition et se développe sous Louis XVI, parallèlement aux dossiers en médaillon, en écusson ou rectangulaires arrondis. Il traduit le retour à des formes plus symétriques et architecturées après les dossiers violonnés du style Louis XV. On le rencontre sur des chaises, des fauteuils et parfois des bergères.

Voir aussi : Médaillon · Dossier · Cabriolet


Chauffeuse

Catégorie : typologie — Période : XVIIIe siècle

Siège bas, à dossier et généralement sans accotoirs, destiné à être placé près du foyer. La chauffeuse tire son nom de son usage : elle permet de s’asseoir près de la cheminée pour se chauffer. Plus basse qu’une chaise ordinaire, elle appartient au mobilier d’usage intime, propre aux chambres, cabinets et petits appartements. Au XVIIIe siècle, la chauffeuse adopte les formes stylistiques de son temps : dossier légèrement mouvementé et pieds galbés sous Louis XV, dossier plus géométrique et pieds fuselés sous Louis XVI. Elle peut être garnie d’étoffe, de tapisserie ou parfois de cannage selon son degré de qualité.

Voir aussi : Chaise · Garniture · Meuble volant


Cintre

Catégorie : structure / forme — Période : toutes époques

Partie supérieure courbe d’un dossier ou d’une traverse, ou plus largement courbure donnée à un élément de menuiserie. Dans les sièges du XVIIIe siècle, le terme s’applique souvent à la traverse haute du dossier, notamment lorsqu’elle est cintrée en anse de panier, en chapeau, en arc régulier ou selon un profil chantourné. Le cintre participe directement à la silhouette du siège : très mouvementé sous Louis XV, il devient plus régulier sous Louis XVI. Dans les descriptions techniques, il permet de distinguer les dossiers plats, ovales, carrés, en cabriolet, en médaillon ou en chapeau de gendarme.

Voir aussi : Dossier · Chapeau de gendarme · Médaillon · Traverse


Confessionnal (bergère en)

Catégorie : typologie / variante — Période : fin du XVIIe siècle, XVIIIe siècle

Variante de la bergère caractérisée par des oreilles, c’est-à-dire des extensions latérales rembourrées en haut du dossier, à hauteur de la tête. Ces oreilles forment un retour qui protège du froid et des courants d’air, d’où l’association avec le confessionnal d’église. La bergère en confessionnal est aussi appelée « bergère à oreilles ». Très prisée pour les appartements privés, elle offre un confort et une intimité particuliers. On la trouve principalement sous les styles Régence et Louis XV.

Voir aussi : Bergère · Oreilles


Confident

Catégorie : typologie — Période : XVIIIe siècle

Grand siège de conversation dérivé du canapé, comportant un siège principal et, sur les côtés, des compartiments ou joues permettant à d’autres personnes de s’asseoir de biais. Le confident appartient à la famille des sièges sociables et galants du XVIIIe siècle, conçus pour favoriser la conversation dans les salons et les appartements privés. Il peut être rapproché du canapé à joues, de la duchesse avec encoignures ou de certaines formes de grands sièges à disposition complexe. Sa menuiserie suit les styles de son temps : lignes chantournées et pieds de biche sous Louis XV, formes plus droites et décor néoclassique sous Louis XVI.

Voir aussi : Canapé · Joue · Marquise · Ottomane


Console d’accotoir

Catégorie : structure — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Support vertical ou courbe qui relie l’accotoir à la ceinture du siège. Sous Louis XV, la console d’accotoir est en retrait par rapport au pied antérieur et adopte une forme galbée en continuité avec les courbes du pied ; sous Louis XVI, elle revient à l’aplomb du pied et en est séparée par le dé de raccordement. La console d’accotoir est un élément de menuiserie essentiel qui contribue à la solidité du siège et participe à la définition de son style.

Voir aussi : Accotoir · Dé de raccordement


D

Dé de raccordement

Catégorie : structure — Période : style Transition et Louis XVI (à partir de 1760 environ)

Petit cube de bois situé à la jonction entre le pied, la ceinture et, le cas échéant, la console d’accotoir. Le dé de raccordement est un élément caractéristique des sièges de style Transition et Louis XVI ; il est absent des sièges Louis XV dont les lignes courbes assurent des jonctions continues. Il se présente sous la forme d’un petit parallélépipède orné d’une rosace, d’une marguerite, d’un losange ou d’un motif géométrique sculpté. Sa présence est un indice de datation utile pour distinguer un siège Transition ou Louis XVI d’un siège Louis XV.

Voir aussi : Ceinture · Console d’accotoir · Pied


Dossier

Catégorie : structure — Période : toutes époques

Partie verticale ou inclinée d’un siège contre laquelle vient s’appuyer le dos. Le dossier est l’un des principaux éléments de distinction typologique et stylistique des sièges français du XVIIIe siècle. Il peut être plat, comme dans le dossier à la reine, ou concave, comme dans le dossier en cabriolet. Sa forme évolue fortement au cours du siècle : dossiers hauts et relativement droits sous la Régence, dossiers violonnés et mouvementés sous Louis XV, dossiers en médaillon, en chapeau de gendarme, en écusson ou rectangulaires sous Louis XVI. Le dossier peut être garni, cannée, ajouré ou sculpté selon le type de siège et son usage.

Voir aussi : À la reine · Cabriolet · Médaillon · Chapeau de gendarme


Duchesse

Catégorie : typologie — Période : à partir du milieu du XVIIIe siècle

Siège de repos long, permettant d’étendre les jambes et destiné aux chambres, boudoirs et cabinets. La duchesse appartient à la famille des grands sièges de confort, aux côtés de la chaise longue, de la veilleuse et du lit de repos. Dans son acception la plus fréquente, elle se présente comme une bergère prolongée par une assise longue. Lorsqu’elle reçoit à l’autre extrémité un petit dossier, on parle de duchesse à bateau. Lorsqu’elle est composée de plusieurs éléments séparés — une bergère formant la tête, puis un ou deux bouts ou bouts-de-pied — elle prend le nom de duchesse brisée. Ces formes témoignent de la spécialisation croissante du mobilier français du XVIIIe siècle et de l’importance donnée au repos diurne.

Voir aussi : Duchesse à bateau · Bout-de-pied · Chaise longue · Lit de repos


Duchesse à bateau

Catégorie : typologie / variante — Période : milieu du XVIIIe siècle

Variante de la duchesse dans laquelle l’assise longue reçoit, à l’extrémité opposée au grand dossier, un petit dossier bas. Cette disposition donne au siège une silhouette de repos plus construite qu’une simple chaise longue. La duchesse à bateau se distingue de la duchesse brisée, qui se compose de plusieurs éléments séparés, par son caractère plus continu. Elle appartient au mobilier de chambre ou de boudoir, destiné au repos diurne, à la lecture et à la conversation intime. Comme les autres grands sièges, elle peut être exécutée à bois apparent, peint ou doré, avec une garniture assortie à l’ameublement de la pièce.

Voir aussi : Duchesse · Chaise longue · Lit de repos · Veilleuse


E

Estampille

Catégorie : vocabulaire des artisans — Période : 1743-1791

Marque frappée au fer dans le bois d’un meuble, portant le nom ou les initiales du menuisier ou de l’ébéniste qui l’a réalisé. L’obligation d’estampiller les ouvrages est imposée par les statuts de la communauté des maîtres menuisiers-ébénistes parisiens à partir de 1743, et reste en vigueur jusqu’à la suppression des corporations en 1791. L’estampille se trouve le plus souvent sous la ceinture du siège ou sous la traverse arrière. Chaque maître possède son propre fer, enregistré auprès de la jurande. L’estampille constitue aujourd’hui un élément d’identification et d’attribution essentiel pour les historiens du mobilier et les experts du marché de l’art. Certains sièges portent en outre la marque « JME » (jurande des maîtres ébénistes), apposée par le juré chargé du contrôle de qualité.

Voir aussi : JME · Jurande · Menuisier en sièges


Entretoise

Catégorie : structure — Période : XVIIe siècle, puis déclin au XVIIIe

Traverse ou ensemble de traverses reliant les pieds d’un siège à mi-hauteur pour en renforcer la solidité. L’entretoise peut prendre différentes formes : en H, en X (croisillon), en berceau ou en double Y. Très courante au XVIIe siècle et au début de la Régence, l’entretoise disparaît progressivement au cours du règne de Louis XV grâce aux progrès de l’assemblage à tenon et mortaise et à l’allègement général des formes. Son absence est l’un des marqueurs du style Louis XV pleinement développé. Elle peut réapparaître ponctuellement sous Louis XVI dans un esprit néoclassique (entretoise en H ou tablette d’entrejambe).

Voir aussi : Pied · Traverse


F

Fauteuil

Catégorie : typologie — Période : toutes époques

Siège à dossier pourvu d’accotoirs (bras). Le fauteuil se distingue de la chaise par la présence de ces accotoirs et de la bergère par le fait que l’espace entre l’accotoir et la ceinture est ouvert (pas de joues pleines). Au XVIIIe siècle, le fauteuil est le siège noble par excellence. Il existe sous de très nombreuses variantes : fauteuil à la reine (dossier plat), fauteuil en cabriolet (dossier concave), fauteuil de bureau ou « de cabinet » (pieds disposés en croix pour permettre la rotation), fauteuil de toilette (dossier bas et échancrure à l’avant de la ceinture). Le terme « fauteuil » dérive de « faldesteuil » (du francique faldistôl, siège pliant), attesté dès le Moyen Âge.

Voir aussi : Bergère · Chaise · À la reine · Cabriolet


Fauteuil à poudrer

Catégorie : typologie / usage — Période : XVIIIe siècle

Fauteuil destiné aux opérations de toilette et de coiffure, en particulier à l’application de la poudre. Il s’agit souvent d’un fauteuil de cabinet ou de toilette dont la garniture est protégée par du cuir, parfois à l’intérieur seulement, parfois aussi à l’extérieur, afin de résister aux salissures produites par la poudre, les pommades et les soins du corps. Le fauteuil à poudrer appartient au mobilier intime des appartements privés. Son intérêt tient moins à une forme unique qu’à une adaptation fonctionnelle : matériaux plus faciles à nettoyer, assise confortable, dossier et accotoirs conçus pour ne pas gêner les gestes du service.

Voir aussi : Fauteuil de toilette · Fauteuil de cabinet · Garniture


Fauteuil de cabinet / fauteuil de bureau

Catégorie : typologie — Période : XVIIIe siècle

Fauteuil destiné au travail d’écriture, à la lecture ou aux usages du cabinet. Le terme « fauteuil de cabinet » est plus conforme au vocabulaire ancien ; l’expression « fauteuil de bureau » est aujourd’hui plus immédiatement compréhensible. Ce siège se distingue souvent par un plan enveloppant : l’arrière de l’assise peut être arrondi, le dossier se prolongeant vers les accotoirs de façon à former une continuité confortable autour du corps. Certains modèles, notamment dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, adoptent une forme en gondole ; d’autres sont montés sur pivot afin de permettre à la personne assise de se tourner sans déplacer le siège. Le fauteuil de cabinet illustre la spécialisation du mobilier liée au développement des espaces de travail privés.

Voir aussi : Fauteuil · Gondole · Fauteuil en bidet · Fauteuil à poudrer


Fauteuil de toilette

Catégorie : typologie / usage — Période : XVIIIe siècle

Fauteuil destiné aux soins du corps, à l’habillage, à la coiffure et à la poudre. Il appartient au mobilier des appartements privés, en particulier de la chambre et du cabinet de toilette. Sa forme varie selon les modèles : dossier plus bas, plan enveloppant, accotoirs dégagés ou assise adaptée aux gestes du valet, de la coiffeuse ou du coiffeur. Certains fauteuils de cabinet employés pour la toilette sont garnis de cuir, à l’intérieur et parfois à l’extérieur, afin de protéger la garniture de la poudre et des produits de toilette ; ils sont alors souvent appelés fauteuils à poudrer. Le fauteuil de toilette témoigne de la spécialisation croissante des sièges au XVIIIe siècle, chaque usage appelant une menuiserie et une garniture appropriées.

Voir aussi : Fauteuil · Fauteuil à poudrer · Fauteuil de cabinet · Garniture


Fauteuil en bidet

Catégorie : structure / variante — Période : seconde moitié du XVIIIe siècle

Fauteuil dans lequel la console d’accotoir et le pied antérieur se trouvent dans le prolongement l’un de l’autre, parfois exécutés comme une seule pièce de bois. Cette disposition apparaît lorsque la mode des paniers féminins perd de son importance : il n’est plus nécessaire de reculer fortement les supports d’accotoirs pour laisser un dégagement aux robes. Le fauteuil en bidet marque ainsi une étape dans l’évolution de la structure du fauteuil, entre les accotoirs reculés du style Louis XV et les formes plus verticales, articulées par un dé de raccordement, du style Louis XVI. Le terme est technique et doit être employé pour décrire une disposition de construction plutôt qu’un type autonome de siège.

Voir aussi : Accotoir · Console d’accotoir · Fauteuil · Dé de raccordement


Fût

Catégorie : structure — Période : toutes époques

Ensemble de la structure en bois d’un siège avant sa garniture. Le fût, parfois appelé « bois » ou « carcasse », comprend les pieds, la ceinture, les traverses, le dossier, les consoles d’accotoirs et les accotoirs lorsqu’il s’agit d’un fauteuil ou d’une bergère. Au XVIIIe siècle, le fût est réalisé par le menuisier en sièges, puis éventuellement confié au sculpteur, au doreur ou au peintre, avant d’être garni par le tapissier. L’examen du fût est essentiel pour comprendre la construction, l’état de conservation et l’authenticité d’un siège ancien. Les assemblages, les traces d’outils, les chevilles, les reprises et les transformations y livrent des informations déterminantes.

Voir aussi : Menuisier en sièges · Garniture · Tenon et mortaise


G

Garniture

Catégorie : technique — Période : toutes époques

Ensemble des matériaux souples qui constituent le rembourrage et le revêtement d’un siège : sangles, toile forte, crin, bourre, toile d’embourrure, ouate éventuelle et étoffe de couverture. Au XVIIIe siècle, la garniture est l’œuvre du tapissier, artisan distinct du menuisier en sièges. Le menuisier livre un fût ou bois nu ; le tapissier construit ensuite l’assise, le dossier, les manchettes et, le cas échéant, les joues. La garniture traditionnelle repose sur un sanglage tendu sur la ceinture, puis sur des couches de crin et de toile modelées et piquées avant la pose de l’étoffe finale : tapisserie au point, damas, velours, soierie, indienne ou autre textile d’ameublement. Les garnitures à châssis permettent de retirer plus aisément l’assise ou le dossier, voire de changer les étoffes selon les saisons. Une garniture d’origine du XVIIIe siècle est aujourd’hui exceptionnelle et constitue un élément majeur pour l’étude et la valeur d’un siège ancien.

Voir aussi : Sangle · Carreau · Garniture à châssis · Manchette


Garniture à châssis

Catégorie : technique — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Type de garniture montée sur un châssis indépendant, emboîté ou fixé dans la structure du siège, plutôt que directement cloué sur la ceinture ou le dossier. La garniture à châssis permet de retirer plus facilement l’assise ou le dossier pour les réparer, les regarnir ou les changer selon les saisons. Elle est particulièrement fréquente sur les sièges cannés, les sièges d’usage courant et certains ensembles destinés à recevoir des carreaux amovibles. Au XVIIIe siècle, cette solution répond à des besoins pratiques : entretien, renouvellement des étoffes, adaptation du confort. Elle se distingue de la garniture fixe, directement construite sur le fût du siège par le tapissier.

Voir aussi : Garniture · Cannage · Fût


Gondole (en)

Catégorie : style / forme — Période : fin du XVIIIe siècle

Se dit d’un siège dont le dossier arrondi et concave se prolonge en courbe continue pour former les accotoirs, sans rupture entre le dos et les bras. Le dossier et les accotoirs forment ainsi une forme enveloppante évoquant la coque d’une gondole. Cette forme apparaît sous Louis XVI et connaît un grand développement sous le Directoire et l’Empire. Elle caractérise notamment certaines bergères (bergère en gondole) et certains fauteuils de bureau.

Voir aussi : Bergère · Fauteuil de cabinet · Ottomane · Cabriolet


J

JME (marque)

Catégorie : vocabulaire des artisans — Période : 1743-1791

Initiales de « Jurande des Maîtres Ébénistes » (ou, selon certains auteurs, « Juré des Menuisiers-Ébénistes »). Cette marque, frappée au fer dans le bois, atteste qu’un meuble a été contrôlé et approuvé par le juré de la communauté des menuisiers-ébénistes parisiens. La marque JME complète l’estampille personnelle du maître et garantit la conformité de l’ouvrage aux standards de qualité de la corporation. La présence de la marque JME sur un siège confirme une fabrication parisienne dans le cadre des règlements corporatifs, entre 1743 et la suppression des jurandes en 1791. Les sièges produits en province, dans des villes où les règlements corporatifs étaient différents ou moins stricts, ne portent généralement pas cette marque.

Voir aussi : Estampille · Jurande


Joue

Catégorie : structure / garniture — Période : XVIIIe siècle

Partie latérale pleine et garnie d’un siège, située entre l’accotoir et la ceinture. La joue est l’un des éléments caractéristiques de la bergère : contrairement au fauteuil ordinaire, dont l’espace sous l’accotoir reste ouvert, la bergère présente des joues garnies qui enveloppent le corps et renforcent le confort. Les joues peuvent être droites, légèrement galbées ou se fondre dans une forme plus continue, comme dans certaines bergères en gondole. On parle également de canapé à joues lorsque les extrémités latérales sont garnies de manière comparable. La présence de joues permet donc de distinguer une bergère d’un fauteuil, même lorsque leurs proportions générales sont proches.

Voir aussi : Bergère · Accotoir · Canapé


Jurande

Catégorie : vocabulaire des artisans — Période : XVIe-1791

Organisation corporative des artisans, dirigée par des « jurés » élus par les maîtres. La jurande des menuisiers-ébénistes parisiens réglemente l’accès au métier (chef-d’œuvre de maîtrise), contrôle la qualité des ouvrages (visites et apposition de la marque JME) et défend les privilèges de la profession contre la concurrence non autorisée. La jurande est supprimée, comme toutes les corporations, par le décret d’Allarde et la loi Le Chapelier en 1791. Cette suppression met fin à l’obligation d’estampiller les meubles, ce qui rend l’attribution des ouvrages postérieurs à 1791 plus difficile pour les historiens du mobilier.

Voir aussi : Estampille · JME · Menuisier en sièges


L

Laque

Catégorie : finition — Période : XVIIIe siècle

Finition colorée appliquée sur le bois d’un siège, à distinguer de la dorure et du bois naturel ciré ou verni. Dans le vocabulaire du mobilier français du XVIIIe siècle, le terme « laque » peut désigner, par extension, des surfaces peintes et vernies imitant les laques orientales, mais les sièges sont plus fréquemment simplement peints ou rechampis. Les bois de sièges peuvent recevoir une peinture blanche, grise, verte, bleue ou rechampie d’une autre couleur, parfois associée à des filets dorés. Cette finition s’accorde au décor de la pièce et aux étoffes de garniture. Les sièges peints sont particulièrement importants dans les ensembles Louis XV et Louis XVI destinés aux appartements privés.

Voir aussi : Fût · Garniture · Menuisier en sièges


Lit de repos

Catégorie : typologie — Période : XVIIIe siècle

Meuble de repos intermédiaire entre le lit et le siège, destiné à s’allonger pendant la journée. Le lit de repos appartient au mobilier des chambres, boudoirs et cabinets, où il répond à un usage de confort, de lecture ou de conversation intime. Il se distingue du lit proprement dit par ses dimensions, son usage diurne et son intégration à l’ameublement de salon ou d’appartement. Selon les formes, il peut être proche de la duchesse, de la chaise longue ou de la veilleuse. Au XVIIIe siècle, le lit de repos adopte les ornements et profils des styles successifs : courbes souples sous Louis XV, lignes plus droites et vocabulaire antique sous Louis XVI.

Voir aussi : Duchesse · Chaise longue · Veilleuse


M

Manchette

Catégorie : structure / garniture — Période : XVIIIe siècle

Petit coussin rembourré fixé sur le dessus de l’accotoir. La manchette apparaît au XVIIIe siècle pour accroître le confort du fauteuil et de la bergère. Elle est garnie de la même étoffe que le reste du siège et contribue à l’harmonie visuelle de l’ensemble. La manchette se fixe par des semences sur la face supérieure de l’accotoir.

Voir aussi : Accotoir · Garniture


Marquise

Catégorie : typologie — Période : à partir de 1740 environ

Siège de grandes proportions, intermédiaire entre le fauteuil et le canapé, pouvant accueillir deux personnes. La marquise se présente comme une bergère plus large que de coutume, avec un dossier relativement bas et des accotoirs élevés. Ses dimensions généreuses (largeur d’assise de 70 à 85 cm environ) permettaient aux dames du XVIIIe siècle de s’y installer confortablement avec leurs amples robes. La marquise se place habituellement au coin de la cheminée et sert de siège de prédilection à la maîtresse de maison. On l’appelle aussi parfois « demi-canapé ».

Voir aussi : Bergère · Canapé · Confident


Médaillon (dossier en)

Catégorie : style / forme — Période : style Transition et Louis XVI (à partir de 1760 environ)

Forme de dossier de siège adoptant un contour ovale ou circulaire, caractéristique du style Louis XVI. Le dossier en médaillon est l’une des innovations majeures de la période Transition : il marque le retour aux formes régulières et géométriques après les courbes asymétriques du rocaille. Le médaillon peut être ovale, rond, ou « en chapeau de gendarme » (sommet plat entre deux arcs latéraux). Il est en général encadré par une moulure à rubans, perles, rais-de-cœur ou feuillages sculptés.

Voir aussi : Chapeau de gendarme · À la reine · Cabriolet


Catégorie : vocabulaire des artisans — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Artisan spécialisé dans la fabrication des bois (fûts ou carcasses) de sièges. Au XVIIIe siècle, André-Jacob Roubo distingue le menuisier en sièges (ou « menuisier du bâtonnier ») des autres spécialités de la menuiserie. Le menuisier en sièges travaille exclusivement en bois massif (hêtre, noyer, tilleul principalement) et maîtrise la géométrie complexe des courbes et contre-courbes propres aux formes des sièges. Il fabrique également les écrans de cheminée, les consoles et les torchères. Son ouvrage, le « fût », est ensuite confié au sculpteur pour le décor, puis au doreur ou au laqueur pour la finition, et enfin au tapissier pour la garniture. Les grands menuisiers en sièges parisiens du XVIIIe siècle comprennent notamment Nicolas-Quinibert Foliot, Jean-Baptiste-Claude Séné, Louis Delanois, Georges Jacob, Jean-Jacques Pothier, Nicolas Heurtaut, Pierre Nogaret ou Jean-Baptiste Boulard.

Voir aussi : Estampille · Garniture · Jurande


Meuble meublant / Meuble volant

Catégorie : vocabulaire d’usage — Période : XVIIIe siècle

Distinction fondamentale dans l’ameublement du XVIIIe siècle. Le « meuble meublant » est un siège disposé de manière permanente le long des murs, en rang, faisant partie du décor fixe de la pièce. Le fauteuil à la reine en est l’exemple type. Le « meuble volant » est un siège léger que l’on déplace au gré des besoins, au milieu de la pièce, pour la conversation, le jeu ou toute autre activité. Le fauteuil en cabriolet, la chaise, le tabouret en sont les exemples. Cette distinction explique pourquoi les sièges meublants sont en général plus richement décorés (ils participent à l’ordonnance de la pièce) tandis que les meubles volants sont plus sobres et plus légers.

Voir aussi : À la reine · Cabriolet · Fauteuil · Chaise


O

Oreilles

Catégorie : structure / forme — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Extensions latérales du haut du dossier, généralement garnies, destinées à encadrer la tête. Les oreilles protègent du froid, des courants d’air et créent une sensation d’intimité. Elles caractérisent notamment la bergère en confessionnal, aussi appelée bergère à oreilles. Leur forme peut être plus ou moins enveloppante selon les périodes et les modèles : assez marquée dans les sièges de repos de tradition Régence et Louis XV, plus contenue dans certains modèles Louis XVI. Les oreilles participent à la spécialisation du siège de confort, en distinguant les meubles destinés au repos des sièges plus ouverts de salon ou de représentation.

Voir aussi : Confessionnal · Bergère · Dossier


Ottomane

Catégorie : typologie — Période : milieu et seconde moitié du XVIIIe siècle

Grand siège de repos ou petit canapé à dossier concave, dont le plan forme souvent un ovale allongé. L’ottomane appartient au goût des turqueries et des formes orientalisantes qui marque une partie du mobilier français du XVIIIe siècle. Elle peut être comprise comme un canapé en gondole : le dossier vient en diminuant de hauteur rejoindre les accotoirs, de sorte que le cintre du dossier et les bras semblent former une courbe continue. Ses extrémités reviennent légèrement vers l’avant, créant une forme enveloppante. L’ottomane est souvent conçue pour une place déterminée, parfois une niche, dans un boudoir, un cabinet ou un appartement intime. Elle se distingue du canapé droit par son plan plus souple et de la veilleuse par son usage possible aux deux extrémités.

Voir aussi : Canapé · Gondole · Paphose · Veilleuse


P

Paphose

Catégorie : typologie / terme rare — Période : XVIIIe siècle

Grand siège de repos appartenant à la famille des ottomanes et des formes de fantaisie du XVIIIe siècle. Les sources anciennes emploient le terme avec une certaine souplesse : la paphose peut être décrite comme une ottomane cintrée ou comme un siège dont le plan est creusé en demi-lune ou en haricot. Cette forme permet une posture demi-couchée et relève du mobilier de luxe, destiné aux boudoirs, cabinets et appartements intimes. Comme plusieurs appellations orientalisantes du XVIIIe siècle, le mot doit être utilisé avec prudence : il désigne moins une typologie parfaitement stable qu’une variante élégante de grand siège enveloppant.

Voir aussi : Ottomane · Veilleuse · Lit de repos · Sopha


Pied

Catégorie : structure — Période : toutes époques

Élément vertical supportant le siège, relié à la ceinture. Le profil des pieds est l’un des premiers critères de datation et d’identification stylistique d’un siège français du XVIIIe siècle. Sous la Régence et au début du règne de Louis XV, les pieds peuvent être en console ou cambrés, parfois encore accompagnés d’une entretoise. Vers le plein style Louis XV, le pied de biche, cintré en S et aminci vers le bas, devient l’un des profils les plus caractéristiques. À partir des années 1760, le retour aux formes classiques favorise les pieds droits, fuselés, cannelés ou dits « à l’antique ». Les pieds antérieurs sont généralement plus travaillés que les pieds postérieurs, souvent de section plus simple et parfois disposés en sabre pour assurer la stabilité du dossier.

Voir aussi : Pied en console · Pied de biche · Pied fuselé


Pied en console

Catégorie : structure / style — Période : Régence et début du style Louis XV

Type de pied courbe, généralement en forme de S, dont le profil évoque une console architecturale. Le pied en console est caractéristique des sièges de la Régence et du début du style Louis XV, période durant laquelle les formes se dégagent progressivement de la raideur du XVIIe siècle sans atteindre encore la pleine liberté rocaille. Il peut être associé à une entretoise, notamment dans les formes les plus anciennes, ou s’en affranchir lorsque la construction du siège s’allège. Le pied en console annonce les pieds galbés du style Louis XV, tout en conservant une structure plus ferme et souvent plus symétrique.

Voir aussi : Pied · Entretoise · Console d’accotoir


Pied de biche

Catégorie : structure / style — Période : style Louis XV

Pied de siège cintré en S, aminci vers le bas et souvent terminé par une petite volute ou un enroulement. Le pied de biche est l’un des profils caractéristiques du siège Louis XV pleinement développé. Il succède aux formes plus architecturées de la Régence et donne au fauteuil, à la chaise ou au canapé une silhouette plus souple, continue et légère. Sa courbe peut être accompagnée de moulures, d’une sculpture sur l’épaulement ou d’un décor rocaille plus ou moins abondant. À partir des années 1760, il est progressivement concurrencé par les pieds droits, fuselés et cannelés du goût néoclassique, sans disparaître immédiatement des intérieurs.

Voir aussi : Pied · Pied en console · Pied fuselé


Pied fuselé

Catégorie : structure / style — Période : style Transition et Louis XVI

Pied droit dont la section diminue progressivement de haut en bas, à la manière d’un tronc de cône renversé. Le pied fuselé est l’un des marqueurs les plus reconnaissables des sièges de style Transition et Louis XVI. Les sources anciennes parlent aussi de pied « à l’antique », lorsqu’il prend l’apparence d’une colonne diminuée ou d’un carquois. Il remplace progressivement le pied de biche du style Louis XV et traduit le retour à un vocabulaire plus géométrique, inspiré de l’architecture antique. Il est souvent cannelé, rudenté ou orné de bagues moulurées. À sa partie supérieure, il s’articule avec la ceinture par l’intermédiaire d’un dé de raccordement, fréquemment sculpté d’une rosace ou d’un motif géométrique.

Voir aussi : Pied · Pied de biche · Cannelure · Dé de raccordement


Ployant

Catégorie : typologie — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Petit siège pliant, sans dossier ni accotoirs, constitué de deux cadres en X articulés par un axe central. Le ployant est un descendant direct du faldistoire médiéval. À la cour de Versailles, il occupe une place protocolaire importante : sous le règne de Louis XIV, les ployants sont les sièges les plus courants dans les appartements du roi, les tabourets étant réservés à certains privilégiés et les fauteuils au roi et à la famille royale. Au XVIIIe siècle, le ployant peut être richement exécuté : bois sculpté et doré, assise en soierie ou en tapisserie. Certains exemplaires sont de véritables objets d’art.

Voir aussi : Tabouret · Banquette · Chaise à la capucine


S

Sopha / sofa

Catégorie : typologie — Période : XVIIe-XVIIIe siècle

Grand siège à plusieurs places, proche du canapé et du lit de repos. Le terme, d’origine orientale, est employé au XVIIIe siècle dans le contexte du goût pour les formes turques ou orientalisantes. Le sopha se distingue généralement du canapé par ses accotoirs pleins et garnis, comparables à ceux d’une bergère ou d’une duchesse, et par son caractère plus enveloppant. Il peut servir à s’asseoir à plusieurs ou à prendre une position de repos. Ses dimensions, son plan et son décor varient selon les modèles : certains sophas restent proches du canapé droit, d’autres se rapprochent des ottomanes, veilleuses ou lits de repos. L’orthographe « sopha » est fréquente dans les sources anciennes ; « sofa » est la graphie aujourd’hui usuelle.

Voir aussi : Canapé · Ottomane · Veilleuse · Lit de repos


Sangle

Catégorie : technique / garniture — Période : toutes époques

Bande de toile forte, généralement en chanvre ou en lin, tendue et clouée sur la ceinture du siège afin de former le support de la garniture. Les sangles sont posées en réseau croisé, de l’avant vers l’arrière et d’un côté à l’autre, pour soutenir les couches de crin, de toile et d’étoffe. Au XVIIIe siècle, elles constituent la base de la garniture traditionnelle réalisée par le tapissier. Leur état est déterminant pour le confort et la solidité de l’assise. Lors d’une restauration, l’examen des sangles, des clous et des traces de fixation permet parfois de comprendre les campagnes successives de garniture ou de regarnissage d’un siège ancien.

Voir aussi : Garniture · Ceinture · Fût


T

Tabouret

Catégorie : typologie — Période : toutes époques

Siège sans dossier ni accotoirs, généralement de petite dimension. Au XVIIIe siècle, le tabouret conserve une importance protocolaire considérable à la cour : le « droit de tabouret » en présence du roi est un privilège jalousement défendu par les duchesses et les princesses du sang. Hors de la cour, le tabouret est un meuble d’appoint universel. Il adopte les formes stylistiques de son époque : pieds galbés sous Louis XV, pieds fuselés sous Louis XVI. Certains tabourets de pied (ou « ployants de pied ») servent de repose-pieds devant une bergère ou une duchesse.

Voir aussi : Ployant · Banquette


Tenon et mortaise

Catégorie : technique / assemblage — Période : toutes époques

Assemblage de menuiserie dans lequel une partie saillante, le tenon, vient s’insérer dans une cavité correspondante, la mortaise. Cet assemblage est fondamental dans la construction des sièges français du XVIIIe siècle. Il permet de relier solidement les traverses aux pieds, les éléments de ceinture aux montants et certaines parties du dossier à la structure du siège. Les assemblages sont généralement renforcés par des chevilles de bois. La qualité des tenons et mortaises témoigne du savoir-faire du menuisier en sièges. Leur examen permet aussi d’identifier les réparations, les remontages, les remplacements de pieds ou les transformations postérieures.

Voir aussi : Traverse · Ceinture · Fût · Menuisier en sièges


Traverse

Catégorie : structure — Période : toutes époques

Pièce de menuiserie horizontale reliant deux montants verticaux. Dans un siège, les traverses composent la ceinture (traverse de façade, traverses latérales, traverse de fond) et, le cas échéant, les entretoises. La traverse est assemblée aux pieds par des tenons et des mortaises, renforcés par des chevilles. Au XVIIIe siècle, les traverses des sièges Louis XV sont souvent cintrées et moulurées, tandis que celles des sièges Louis XVI sont rectilignes.

Voir aussi : Ceinture · Entretoise · Pied


V

Veilleuse

Catégorie : typologie — Période : XVIIIe siècle

Siège de repos allongé, destiné à permettre une position demi-couchée. La veilleuse appartient à la famille des meubles de repos, aux côtés de la duchesse, de la chaise longue, de l’ottomane et du lit de repos. Elle peut se comprendre comme une duchesse dont le grand dossier serait relié au petit dossier par un troisième dossier en pente douce, la face antérieure restant libre. Elle n’est donc pas toujours symétrique : le dossier peut être disposé à gauche ou à droite, ce qui explique que certains ensembles aient été commandés par paire afin de permettre deux positions opposées. Son plan peut être droit, arrondi aux extrémités, ou creusé en forme de haricot. À la fin du XVIIIe siècle et surtout autour du Consulat, des formes voisines réapparaissent sous le nom de méridienne, terme qu’il convient de ne pas employer indistinctement pour les sièges du milieu du siècle.

Voir aussi : Duchesse · Lit de repos · Ottomane · Paphose


Voyeuse

Catégorie : typologie — Période : à partir du milieu du XVIIIe siècle

Siège conçu pour que l’on puisse s’y installer à califourchon, face au dossier, afin d’observer une table de jeu. Le haut du dossier est garni d’un accoudoir rembourré, ou manchette de dossier, sur lequel l’observateur appuie ses bras. La voyeuse, aussi appelée « ponteuse » en raison du vocabulaire du jeu, apparaît également dans certaines sources sous les noms de « voyelle » ou de « délassante ». Elle peut prendre la forme d’une chaise ou d’un fauteuil selon qu’elle possède ou non des accotoirs latéraux. Ce siège est étroitement lié à la sociabilité du XVIIIe siècle, aux jeux de cartes et aux tables de salon. Les appellations « fumeuse » ou « causeuse » désignent plutôt des formes apparentées du XIXe siècle et ne doivent pas être projetées sans prudence sur les sièges du XVIIIe siècle.

Voir aussi : Chaise · Fauteuil · Manchette


Bibliographie de référence

Les définitions de ce lexique s’appuient sur les ouvrages et sources suivants :

CLOUZOT Henri, Les Meubles du XVIIIe siècle, Paris, Éditions Albert Morancé, 1922.

Collectif, 18e, Aux sources du design. Chefs-d’œuvre du mobilier 1650-1790, cat. exp., château de Versailles, 26 octobre 2014-22 février 2015, Dijon, Faton, 2014.

DUMONTHIER Ernest, Les Sièges de Georges Jacob. Époques Louis XV, Louis XVI et révolutionnaire, Paris, Albert Morancé, 1922.

ERIKSEN Svend, Early Neo-classicism in France: the Creation of the Louis Seize Style, Londres, Faber and Faber, 1974.

ERIKSEN Svend, Louis Delanois, menuisier en sièges (1731-1792), Paris, F. de Nobele, 1968.

GAUTIER Jean-Jacques (dir.), Sièges en société. Histoire du siège du Roi-Soleil à Marianne, cat. exp., Paris, Galerie des Gobelins, 25 avril-24 septembre 2017, Montreuil, Gourcuff Gradenigo, 2017.

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JANNEAU Guillaume, Les Sièges, Paris, Les Éditions de l’Amateur, 1993.

JANNEAU Guillaume ; JARRY Madeleine, Le Siège en France du Moyen Âge à nos jours, Paris, Paul Hartmann, 1948.

KJELLBERG Pierre, Le Mobilier français du XVIIIe siècle. Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers, nouvelle éd. remaniée, Paris, Les Éditions de l’Amateur, 2002.

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NICOLAY Jean, L’Art et la Manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle, Paris, Pygmalion, 2 vol., 1976.

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REYNIÈS Nicole de, Le Mobilier domestique. Vocabulaire typologique, Paris, Imprimerie nationale, 2 vol., 1987.

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VERLET Pierre, Le Mobilier royal français, Paris, Picard, 4 vol., 1945-1990.

VERLET Pierre, Les Meubles français du XVIIIe siècle, Paris, PUF (coll. « Que sais-je ? »), 1956.