Jean Nicolas Cheneaux Maître Menuisier à Lyon
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Jean Nicolas Cheneaux (1734-1820)

Jean Nicolas Cheneaux naît le 3 mai 1734 à Noyant-la-Plaine dans le Maine et Loire. Il est le fils de René Cheneaux, un maître menuisier de cette ville et de Perrine Obereau. Jean Nicolas a sans aucun doute appris le métier de menuisier au côté de son père. Il perd sa mère à l’âge de 8 ans le 14 août 1742 et son père décède le 23 mars 1750, Jean Nicolas a alors 16 ans. Est-ce l’élément déclencheur de son départ de Noyant-la-Plaine ? Le 4 octobre 1757 il a probablement déjà quitté la ville car il n’est pas présent au mariage de sa sœur Jacquine à Noyant-la-Plaine contrairement à son oncle et parrain Nicolas Cheneaux et à une autre de ses sœurs. 

Le 18 février 1765 il se marie avec Jeanne Petronille Chenal à la paroisse Saint-Nizier de Lyon. Il travaille et loge chez François Girard un maître menuisier avec Jean Bordereaux, François Vitouz et Nicolas Parmantier tous témoins à son mariage. Il travaille depuis plusieurs années comme menuisier quand il reçoit son brevet de maître menuisier daté du 24 décembre 1771. Ce brevet est approuvé par le Consulat lors de la séance du 18 février 1772. Jean Nicolas Cheneaux fait désormais partie de la communauté des maîtres menuisiers de la ville de Lyon. Par anticipation, il publie une annonce dans la rubrique “Avis divers” des Affiches de Lyon du 18 septembre 1771.

Cheneaux, maître menuisier à Lyon, rue Luizerne, près de la petite rue de l’Ane, fait Chaises, Fauteuils, Sofas, Ottomanes en canne, & des bois pour être garnis, de même que pour garnitures ; Lits à la Turque, à la Duchesse, & à Baldaquin, le tout le plus à la mode, & à juste prix.

Les premiers sièges qu’il produit dans un style Louis XV tardif portent son estampille “I.CHENEAUX”. Il engage son premier apprenti, Antoine Cruit, le 20 septembre 1772 pour quatre années. Son talent est reconnu au-delà de la ville de Lyon, en avril, juin et juillet 1775, il est fournisseur du château Royal de Chambery propriété de Victor Amédée III de Piémont-Sardaigne, Roi de Sardaigne. Jean Nicolas Cheneaux a par ailleurs probablement fourni des sièges pour ce même château en collaboration avec le sculpteur italien Giuseppe Maria Bonzanigo lors de son ameublement qui débute en 1786. Grâce à ses ouvrages fournis en 1775, par procuration du 28 août 1776 avec Augustin Ansard tapissier du Roi de Sardaigne, il obtient le droit de se fournir en bois dans le royaume de Savoie, bois qui transite alors par Aix avant d’arriver à son atelier rue Luizerne dans la paroisse de Saint-Pierre-Saint-Saturnin de Lyon.

Suite à la réforme des communautés de Lyon par l’édit royal du 24 janvier 1777, les menuisiers forment une nouvelle communauté avec les charpentiers, les sculpteurs et les layetiers. Il s’enregistre parmi les premiers sur la liste des maîtres de cette nouvelle communauté, le 8 avril 1777. Nous voyons alors Jean Nicolas Cheneaux prendre de l’importance au sein de cette communauté. Il participe très régulièrement aux délibérations et est même élu député de la communauté lors de la délibération du 5 décembre 1779.

Lors de la publication de la “Liste des Citoyens éligibles”, en 1790, Jean Nicolas Cheneaux (référencé sous le nom Chenaud) demeure place Saint-Pierre. En 1791, il effectue quelques réparations de chaises pour l’Hôtel Commun de Lyon :

Cheneaux, menuisier, pour les réparations par lui faites à plusieurs chaises étant dans la salle de l’Hôtel-Commun, suivant son compte montant à 12 livres, modéré par M. Charmetton à 10 livres (mandat du 14 mai 1791)

Au décès de sa femme, Jeanne Petronille Chenal, le 26 vendémiaire de l’an VIII (18 octobre 1799) Jean Nicolas Cheneaux est toujours menuisier, il vit alors au 118 rue de la Convention. Il n’a eu aucun enfant avec sa première femme. Il se marie en secondes noces peu de temps après, le 20 ventôse de l’an VIII (11 mars 1800), avec Françoise Ferraris, tailleuse d’habit née le 20 juillet 1771 à Lyon dans la paroisse de Sainte-Croix. L’acte précise que Jean Nicolas Cheneaux demeure au 118 quai Saint Clair. De ce mariage naissent quatre enfants, Claudine Suzanne le 12 frimaire de l’an IX (3 décembre 1801), Jeanne Antoinette Marie le 23 thermidor de l’an X (11 août 1802), Etienne Aubin le 16 février 1807 et Françoise le 1er juin 1810.

Une annonce dans la rubrique des “Avis divers” des Petites Affiches de Lyon du 26 juillet 1809 nous apprend que Jean Nicolas Cheneaux essaie de vendre son fonds :

Le Sr Cheneaux, Menuisier, ci-devant maison des Médaillons, actuellement rue Royale, N°114, continue de vendre son Fonds, consistant en outils, établis, lits de tout genre, chaises et fauteuils pour garnir.

En 1810, il lui reste toujours des sièges à vendre comme l’indique son annonce dans la rubrique des “Effets à vendre” des Petites Affiches de Lyon du 18 avril 1810 :

Vingt-quatre Chaises à petites colonnes, à lyre dans le dossier, et fond en canne, propres pour une maison de campagne : s’adresser, rue Royale, N°.114, à M. Chenaux, menuisier, qui a aussi plusieurs autres Chaises et Fauteuils à vendre.

A partir du recensement du 114 rue Royale de 1810, Jean Nicolas Cheneaux est dit revendeur d’épicerie. En 1815, dans le recensement du 8 rue Royale et du 7 rue des Deux Angles de 1815 les observations précisent que Jean Nicolas Cheneaux est devenu aveugle et qu’il va entrer à l’hôpital de la Charité. La colonne des observations du recensement de 1816 confirme qu’il est désormais à la Charité et que sa femme vit seule avec ses quatre enfants.

Jean Nicolas Cheneaux décède le 25 juillet 1820 à l’hôpital de la Charité.

A tort, Jean Nicolas Cheneaux est encore confondu avec Jacques Chesnau (1723-1782), un menuisier en bâtiment parisien reçu maître le 14 mars 1757, comme cela a été démontré dans cet article.

Crédit photo : © Pelham Gallery

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